Lettre patrimoniale
Profil d’investissement et plan financier
Lettre patrimoniale mars 2007
Si vous le n’avez pas encore complété, il est probable que votre banque d’investissement vous demandera sous peu de rédiger votre profil d’investissement...
La Directive Européenne Mifid impose des règles de jeu communes à tous les acteurs actifs dans l’Union Européenne sur le plan du conseil en placement et la législation belge a transposé cette Directive Européenne. Par conséquent l’institution qui procure le conseil en placement, doit désormais collecter des informations sur la situation financière, les objectifs, l’expérience et les connaissances en matière d’investissement du client. L’entreprise doit déterminer quels sont les produits qui conviennent au client au vu de son profil d’investissement.
Les institutions financières sont actuellement en train d’obtenir des informations complémentaires quant à la volonté de prendre des risques, aux projets d’avenir et aux attentes de leurs clients. L’idée de fond étant : avec de meilleures connaissances, on peut faire de meilleures affaires. Les grandes banques considèrent en outre cette approche comme un instrument commercial pour acquérir davantage d’informations sur leurs clients et pour approfondir leurs relations en donnant des conseils plus ciblés.
Sur la base de plusieurs milliers d’analyses, les banquiers s’aperçoivent avec étonnement que leurs clients ont un profil défensif (75%) ou conservatif typique. Cela implique que seulement 25% au maximum peut être investi dans des actions. Pour le banquier un profil “neutre” est quelqu’un qui place 50% dans des actions. En moyenne les Belges investissent 16% de leur patrimoine en actions.
Beaucoup de lecteurs de la lettre d’information ont établi un plan financier avec Stremersch, Van Broekhoven en Partners et se demandent quel est le lien entre ce plan et le profil d’investissement.
En tout premier lieu l’on peut dire que chez Stremersch, Van Broekhoven en Partners, un plan financier intégral couvre tous les aspects du patrimoine et malgré le fait que les grandes banques parlent souvent dans leurs publicités de “gestion du patrimoine” , elles ne s’occupent de fait que d’une forme bien plus limitée d’une telle gestion, à savoir la gestion financière du portefeuille.
Même les banques assurances omettent d’intégrer dans les analyses ou les recommandations les produits d’assurance (comme les produits Branche 21 du type First ou Crest) et les assurances groupe. Et la plupart n’intègre même pas dans les conseils qu’elles procurent, les autres composants du patrimoine (comme le logement et la dette y relative). Et de même les analyses qui forment le fond du profil d’investissement ne tiennent pas compte du tout du cashflow des familles. Il en résulte que les clients sont à nouveau confrontés à une image déformée de leur situation : car les gens qui disposent de plus de moyens par rapport à leurs besoins, sont en mesure de prendre davantage de risques.
Nous avons toujours donné, grâce à l’analyse “Visual Risk” (qui fait partie de nos plans depuis 1997 déjà et qui est aujourd’hui (sans notre implication) reprise par beaucoup de banques) une image graphique du risque de patrimoine et de postes de profit et de perte extrême qu’une certaine politique peut entraîner au fil des ans. Et aujourd’hui nous l’établissons aussi bien pour le patrimoine global que pour le patrimoine financier.
Les clients sont-ils bien servis par l’analyse du profil d’investissement ?
L’employé et le fonctionnaire qui ont, sans compter la constitution de leurs droits légaux à la retraite, réussi à payer leur maison et ont pu économiser un peu de patrimoine, ou en ont hérité, obtiendront des résultats convenables au vu du test de profil d’investissement et pourront en tirer des avantages. La même chose est applicable au travailleur indépendant qui a principalement fait des économies d’argent et qui n’a (ou n’avait) que des dettes par rapport à sa maison. Le test donnera des résultats raisonnables aussi bien pendant la consitution de la retraite qu’après et ce service procurera certainement une valeur ajoutée pour ces clients.
La situation est légèrement différente si, outre la maison, d’autres objets figurent dans le patrimoine global comme une résidence secondaire, des biens immobiliers loués à titre privé, des assurances groupe, des collections d’art et autre et au fur et à mesure que les placements financiers dépassent de loin les besoins de consommation. Dans ces cas-là, je constate dans le cadre des profils d’investissement dont j’ai pu prendre connaissance, que différentes institutions financières ont tendance à donner un conseil trop conservateur. Notre expérience nous a appris que des composants de patrimoine tels qu’assurances et biens immobiliers constituent souvent des substituts pour des obligations et leur return n’est pas corrélé aux placements financiers ou est négatif. En se limitant à l’analyse du seul portefeuille financier, on se tient dans ces caslà souvent à un conseil bien trop conservateur. La situation peut être différente si le patrimoine contient également des actifs professionnels et des biens immobiliers loués à titre commercial. Dans notre Planning Financier Personnalisé, il s’agit d’examiner chaque cas à part en fonction de ses propres mérites.
Sur le marché des clients fortunés et très fortunés (à partir d’un patrimoine actuel ou ciblé d’un million d’euros à 65 ans), l’établissement d’un plan financier total donnera, à mon avis, des résultats de plus en plus fiables.
Emiel Van Broekhoven
01 mars 2007

