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Lettre patrimoniale

La ‘MiFID est inefficace.’

Lettre patrimoniale decembre 2010

Afin de mieux protéger le consommateur dans le cadre des investissements en produits financiers, l’Europe a instauré la directive MiFID (Markets in Financial Instruments Directive). Ce faisant, ce sont également les pratiques commerciales et financières dans l’Union Européenne qui s’en voient harmonisées.

La directive MiFID détermine un certain nombre de principes qui devront faire en sorte que les institutions financières fournissent des informations pertinentes, claires et non trompeuses en matière d’investissements. Pour chaque client, un profil de risques est déterminé. Êtesvous quelqu’un de confiant et connaissez-vous bien les produits financiers ou êtes-vous plutôt quelqu’un de craintif qui ne connaissez pas la différence entre une action et une obligation? Combien de risques saurezvous encaisser? C’est la question-clé quand on veut investir en bourse.

Aujourd’hui, les banques demandent davantage d’informations à leurs clients et c’est là que le bât blesse. Le belge discret n’aime pas la MiFID et c’est ce que les conseillers bancaires expérimentés constatent tous les jours. Dans la pratique, il s’avère que cette directive constitue une contrainte administrative supplémentaire sans aucune valeur ajoutée. ‘L’expérience nous a appris que pratiquement tous les clients aisés font appel à plusieurs banques et qu’ils ne donnent aucun relevé à ces banques de la totalité de leur patrimoine’, dit le Professeur Emiel Van Broekhoven. ‘Alors comment voulez-vous que la banque puisse donner, en connaissance de cause, des conseils pour que le portefeuille d’investissement d’un client soit équilibré? Car ils ne connaissent ni l’étendue du portefeuille du client en question ni la manière dont celui-ci a investi ailleurs’.

Le Professeur Van Broekhoven déclare en outre: ‘La MiFID a été mise en place car les politiciens veulent protéger les citoyens/personnes des erreurs en matière de placements, mais cette directive est inefficace car les clients des banques ne mettent jamais tous leurs oeufs dans le même panier. La crise financière a fait en sorte que même monsieur tout le monde a un compte bancaire auprès de plusieurs banques. La méfiance est forte et c’est la raison pour laquelle le client ne montrera jamais tout son portefeuille à la banque.La MiFID est seulement un casse-tête pour les juristes, c’est un contrôle administratif inutile’.

Outre cette discrétion financière tant appréciée par tous les clients des banques, le Professeur Van Broekhoven s’interroge aussi sur la définition des risques. Il constate, par exemple, que les obligations d’état sont toujours vantées comme étant très sûres. ‘Est-ce bien encore le cas? Depuis quand les obligations d’état sont-elles vraiment sûres dans leur ensemble? La crise des obligations en Europe et aux Etats-Unis est en plein boom!’ déclare le Professeur Van Broekhoven. ‘On pourrait même dire que certaines obligations d’état sont parmi les placements les moins sûrs! L’explosion totale des dettes de l’état avec les excès que nous connaissons en Grèce et en Irlande et ailleurs, nous mène droit à la fin d’un système. Chacun devra faire ses propres recherches pour savoir quelles sont les obligations d’état qui sont sûres’.

La plupart des personnes sont d’ailleurs obligées de faire des placements sans risques. ‘Un exemple: vous voulez pouvoir prélever tous les mois 2.500 Euros de votre portefeuille et vous voulez conserver votre patrimoine (de 65 à 100 ans). Si vous voulez donc un rendement sûr (comprenez: sans risques) de trois pour cent, il faut que vous puissiez disposer d’un patrimoine financier d’un million d’Euros. Combien de belges ont pu réunir cette somme? Les tests psychologiques pour déterminer les risques que vous êtes prêt à assumer ne sont que balivernes. Au moins 75 % des belges sont obligés de placer leur argent de manière sûre et avec aussi peu de risques que possible. Ils n’ont pas le choix en fait!’, c’est ainsi que termine le Professeur Van Broekhoven. ‘La MiFID n’est qu’un leurre.’

Conclusion: il faut regarder la totalité du patrimoine avant de donner un conseil de placement et c’est précisément ce que la MiFID n’impose pas. Un plan financier solide par contre, saura mettre tous les éléments en perspective et vous saurez ainsi ce qu’il en est. La société Stremersch, Van Broekhoven & Partners est à votre disposition pour ce faire, mais vous le saviez certainement déjà. A bon entendeur,…

01 décembre 2010